
Depuis 2005, la date du 17 mai marque la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie, la biphobie et l’interphobie (IDAHOT). Cette journée rappelle que les personnes LGBTQIA+ ont droit à la dignité, à la sécurité et à la reconnaissance. Ces droits, garantis sur le papier depuis plusieurs années par une Belgique pionnière, peinent pourtant encore souvent à être traduits en actes.
Chaque année, la Fédération Prisme invite les communes wallonnes à hisser le drapeau arc-en-ciel inclusif sur les bâtiments communaux durant le mois des fiertés. Ce geste qui pourrait paraître uniquement symbolique, n’a, en réalité, rien d’anodin : il incarne une prise de position publique contre les LGBTQIA+phobies et un soutien visible envers toute la communauté.
ACTION 2026 : UNE MOBILISATION QUI RÉSISTE ET QUI DOIT SE POURSUIVRE
Dans un contexte politique parfois présenté comme moins favorable aux enjeux d'égalité et de diversité, et une polarisation plus vive de la société autour des questions de genre et d’orientation sexuelle, nous craignions une baisse de la participation des communes à l'opération drapeaux. Les résultats de cette année montrent pourtant qu'un grand nombre de pouvoirs locaux continuent à se mobiliser et à afficher leur soutien aux personnes LGBTQIA+.
En 2026 :
Détail par province :
Après le taux record de 75,5 % atteint en 2025, ces chiffres témoignent d'un engagement qui demeure fort dans de nombreuses communes. Ils rappellent également que les pouvoirs locaux continuent de jouer un rôle essentiel dans la lutte contre les discriminations et dans la construction d'espaces plus inclusifs et plus accueillants pour toustes. On peut toutefois regretter qu’un certain nombre de communes ait fait le choix assumé de ne pas afficher le drapeau pour des raisons telles que la peur de s’aliéner une partie de la population, ou la volonté de ne pas vouloir mettre en avant une communauté plutôt qu’une autre.
Si certaines provinces enregistrent cette année une légère baisse de participation, d'autres maintiennent, voire renforcent, leur mobilisation. Ces évolutions nous rappellent une chose essentielle : les avancées en matière d'égalité ne sont jamais définitivement acquises. Elles demandent d'être entretenues, renouvelées et réaffirmées chaque année.
Les résultats demeurent néanmoins encourageants et montrent que l'opération drapeaux est désormais bien ancrée en Wallonie. Nous remercions chaleureusement l'ensemble des communes qui ont pris part à cette initiative et qui ont choisi de rendre visible leur engagement en faveur de l'inclusion.
UN GESTE SYMBOLIQUE… ET POLITIQUE
Il est parfois avancé que « les droits des personnes LGBTQIA+ sont déjà acquis » ou qu'« un drapeau ne changera pas la réalité ». Pourtant, les chiffres relatifs aux discriminations et aux violences LGBTQIA+phobes, tout comme les nombreux témoignages recueillis chaque année par les associations de terrain, nous rappellent que la visibilité et le soutien institutionnel demeurent essentiels.
Bien sûr, hisser un drapeau ne résout pas, à lui seul, les discriminations. Mais ce geste a une portée symbolique forte. Il dit aux personnes LGBTQIA+ qu'elles ont leur place dans leur commune. Il rappelle que les pouvoirs publics ont un rôle à jouer dans la lutte contre les violences et les exclusions et contribue à créer un climat plus accueillant et plus sécurisant pour l'ensemble des citoyen·nes.
À l'inverse, l'absence de mobilisation peut être perçue comme un silence ou un désintérêt, particulièrement dans un contexte où les discours de haine et les remises en question des droits des personnes LGBTQIA+ gagnent en visibilité, en Belgique comme à l'international.
L'INCLUSION : UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
Nous invitons l'ensemble des communes wallonnes à poursuivre et à renforcer leur engagement en faveur de l'inclusion des personnes LGBTQIA+.
Chaque drapeau hissé est un message de soutien, de reconnaissance et de solidarité. Chaque commune qui rejoint l'opération contribue à faire de la Wallonie un territoire plus visible, plus accueillant et plus sûr pour toustes.
L'inclusion ne peut ici être considérée comme un acquis ou une simple déclaration d'intention. Elle se construit par une multitude de gestes, petits et grands, qui témoignent d'une volonté politique de lutter contre les discriminations et de faire vivre l'égalité au quotidien.
Nous espérons donc pouvoir compter, l'année prochaine encore, sur la mobilisation de toujours plus de communes.
Les cartes par province




