
D’après un article de la RTBF par Radia Sadani, sur base d’une interview réalisée par Jennifer Istace
Ce 31 juillet 2026, Erynn Robert, coordinateur·rice générale de la Fédération Prisme était l’invité·e de Matin Première sur la RTBF. L’occasion pour al de reparler d’une réalité préoccupante à laquelle les personnes et les associations LGBTQIA+ font face : la montée de la haine et des violences LGBTQIA+phobes, dans l’espace public comme en ligne.
Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes LGBTQIA+ renoncent à des gestes d’affection pourtant anodins, comme se tenir la main en public, par peur des insultes ou des agressions. Cette autocensure témoigne d’un sentiment d’insécurité grandissant dans l’espace public, mais aussi d’un climat dans lequel les discours LGBTQIA+phobes, anti-genre ou masculinistes trouvent une visibilité accrue.
« Parmi le nombre de signalements qui sont faits chez Unia, les signalements pour crimes homophobes, transphobes, etc., sont ceux qui ont le plus grand taux de conversion vers des affaires judiciaires, ce qui montre qu’effectivement, ces signalements-là sont aussi pour des faits graves ».
Face à cette évolution, Prisme et ses associations membres rappellent que cette violence n'est pas une fatalité. Erynn souligne notamment l'importance de renforcer la représentation des personnes LGBTQIA+, la prévention, l'éducation et la sensibilisation, en particulier auprès des jeunes, ainsi que les politiques publiques de lutte contre les discriminations. Al rappelle également l’importance de maintenir et de soutenir des structures capables d’assurer un accompagnement adapté aux personnes concernées.
« Continuer à faire de la visibilisation, de l’information, de la formation, c’est absolument crucial. »
La lutte contre la haine passe également par l’espace numérique. Erynn a ainsi rappelé le rôle que doit jouer l’Union européenne face aux attaques et aux discours de haine diffusés sur les réseaux sociaux, notamment à travers une mise en œuvre effective du Digital Services Act (DSA) et une responsabilisation accrue des plateformes.
Chez Prisme, nous réaffirmons qu'aucune personne ne devrait avoir à choisir entre sa sécurité et la possibilité de vivre librement son identité / son expression de genre ou ses relations affectives. Face à la banalisation des discours de haine, continuer à rendre visibles les réalités LGBTQIA+, informer, sensibiliser, former et agir collectivement reste essentiel pour prévenir les violences et faire reculer la haine et les discriminations.