« LGB sans T ? » Pourquoi la division ne protégera personne

Ces derniers mois, un argument revient avec une insistance croissante dans les débats autour des droits LGBTQIA+ : les questions d’orientation sexuelle et les réalités trans n’auraient finalement « rien à voir ». Les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles auraient dès lors intérêt à se dissocier des revendications trans, notamment pour préserver les droits acquis au cours des dernières décennies.

À la suite de la parution dans Le Soir de la carte blanche « Pourquoi opposer les droits LGB et trans est un piège », Prisme publie aujourd’hui la version complète de cette analyse.

Le même jour, Le Soir consacrait également un article à cette question. Dans « Quand certains “LGB” veulent se passer des trans », la journaliste Marine Buisson donne la parole à plusieurs personnes concernées et au sociologue David Paternotte pour décrypter la progression de ces discours de séparation, encore marginaux en Belgique, mais déjà davantage structurés dans d’autres pays. Les témoignages recueillis montrent aussi très concrètement à quel point les frontières entre orientation sexuelle, expression de genre et violences LGBTQIA+ sont moins étanches qu’on ne voudrait parfois le croire.

Bien sûr, orientation sexuelle et identité de genre sont deux réalités différentes. Mais différentes ne signifie pas indépendantes.

Le genre ne désigne pas uniquement notre identité : il est aussi constitué de normes sociales qui déterminent ce qu’un homme ou une femme est supposé·e être, faire, montrer… et désirer. Dans le modèle traditionnel, un homme est attendu comme masculin et attiré par les femmes ; une femme comme féminine et attirée par les hommes. L’hétérosexualité fait donc elle-même partie des normes de genre.

Cette articulation apparaît très concrètement dans les violences homophobes. Une personne peut être insultée ou agressée comme gay ou lesbienne sans que son orientation sexuelle soit connue, simplement parce que sa voix, sa démarche, ses vêtements ou son expression de genre sont perçus comme ne correspondant pas aux attentes liées à son genre.

L’homophobie et la transphobie ne sont pas identiques et ne produisent pas les mêmes expériences. Mais elles peuvent participer d’une même logique : sanctionner celles et ceux qui s’écartent de ce que la société considère comme la « bonne » manière d’être un homme, d’être une femme, d’aimer ou de vivre dans son corps.

Cette réflexion prend une importance particulière dans le contexte actuel de montée des discours anti-trans et anti-genre. La séparation entre « LGB » et « T » peut alors apparaître comme une promesse implicite : prenez vos distances avec les personnes aujourd’hui les plus attaquées et vos propres droits seront épargnés.

Pour Prisme, cette promesse est un piège.

Reconnaître les différences entre les réalités LGBTQIA+ ne signifie pas renoncer à ce qui les relie. La solidarité n’exige pas que toutes les personnes vivent les mêmes expériences ou défendent exactement les mêmes revendications. Elle suppose de comprendre que les droits ne sont en aucun cas mieux protégés lorsqu’un groupe cherche sa sécurité dans l’abandon d’un autre.

L’homophobie et la transphobie ne sont pas la même chose. Mais elles ont un adversaire commun : l’idée qu’il n’existerait qu’une seule bonne manière d’être un homme, d’être une femme ou, plus largement, de vivre son genre. La division promise comme une protection constitue aujourd’hui l’un des dangers auxquels nos communautés doivent rester attentives.

Lire l’analyse complète : « Pourquoi opposer les droits LGB et trans est un piège »

→ Lire également dans Le Soir : « Quand certains “LGB” veulent se passer des trans »

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Prisme est disponible pour des interviews et interventions sur les mouvements anti-genre, les LGBTQIA+phobies et les mécanismes de division des communautés LGBTQIA+.

Contact presse :

Victoria Gilles (elle/elle)

Responsable du pôle Étude et plaidoyer

victoria@federation-prisme.be


Erynn Robert (al/al)

Coordinateur·rice général·e

erynn@federation-prisme.be

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