Journée Internationale de la visibilité des personnes trans*

Á l’occasion de la Journée internationale de visibilité des personnes trans*, nous souhaitons mettre en lumière leurs réalités !

Le rapport d'ILGA 2026 met en évidence une montée inquiétante des discours anti-genre en Europe comme ailleurs dans le monde. Ces discours ont des conséquences sur la communauté LGBTQIA+ : discriminations, violences, invisibilisation, manque d’accès aux soins, …

Face à cela, il est essentiel d’agir en s’informant et en travaillant ensemble pour une société plus juste et équitable pour chacun·e !

Découvrez la carte de blanche de l'IEFH et Prisme, qui alerte sur la transphobie et la désinformation croissante, signée par de nombreux·ses expert·es et organisations 👇

En cette journée internationale de la visibilité transgenre, il est plus que jamais nécessaire de rappeler une évidence : les personnes trans et/ou non binaires ont droit à la dignité, au respect et à une pleine reconnaissance de leur humanité.

En 2026, en Belgique, des personnes trans continuent d’être discriminées dans l’accès à l’emploi, aux soins ou au logement. Elles subissent moqueries, agressions et parfois rejet familial. Pourtant, le droit à la vie privée et à l’intégrité physique et psychique ne sont pas des idéologies : ce sont des droits fondamentaux. Notre État de droit est fondé sur les principes d’égalité tels que garantis par la Constitution belge et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les besoins et les souhaits des personnes trans ne sauraient être considérés comme des demandes d'exception.

Un retour de bâton sur les droits des personnes LGBTQIA+

Les avancées réalisées ces dernières années en matière de reconnaissance et de protection des personnes trans font aujourd’hui l’objet d’un retour de bâton préoccupant. Elles sont instrumentalisées dans un combat idéologique plus large, notamment de la part de mouvements anti-genre et anti-trans. Ceux-ci attisent la haine à l’égard des personnes trans en organisant la désinformation auprès du grand public.

Dans une récente étude sur le vécu des personnes trans en Belgique menée par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes1, 70% d’entre elles déclarent percevoir une augmentation des préjugés et de l’intolérance, avec pour conséquence directe une augmentation des violences et discriminations.

L’Institut le constate aussi à travers le nombre croissant de signalements qu’il reçoit : les discours de haine transphobes se libèrent, au nom du débat d’idées ou sous couvert de cynisme. L’identité des personnes trans est réduite à la seule dimension biologique, tandis qu’une fausse opposition est créée entre les luttes des femmes cisgenres et celles des femmes trans pour affaiblir la lutte féministe et démocratique.

Relayés dans les médias et amplifiés sur les réseaux sociaux, ces discours alimentent des réactions émotionnelles, parfois hostiles, et entretiennent des appels au « bon sens » ou à la « raison » qui entretiennent en fait de fausses croyances vis-à-vis de la diversité de genre. Si ces rhétoriques ne sont pas neuves, elles n’en sont pas moins délétères.

La désinformation comme stratégie anti-trans

Parmi les mythes récurrents à propos des personnes transgenre figure celui d’une prétendue épidémie de transitions chez les jeunes. Cette affirmation repose sur une étude de 2018 selon laquelle les adolescent·e·s développeraient une « dysphorie » de genre par « contagion sociale ».

Cette étude a depuis lors été largement discréditée : elle se fondait sur les témoignages de 300 parents opposés à la transition de leur enfant, sans jamais interroger les jeunes trans eux-mêmes. Des recherches plus récentes menées à grande échelle2, ont depuis lors invalidé cette étude. Et pourtant, elle continue d’être mobilisée comme une preuve de l’existence d’un « effet de mode trans », illustrant la manière dont certaines idées fausses persistent dans le débat public.

Une autre fiction est régulièrement agitée : celle des « transitions précoces ». Cela ne correspond en rien aux pratiques réelles. Aucun acte chirurgical génital n’est réalisé avant 18 ans et les parcours sont strictement encadrés. Il est également faux d’affirmer que les jeunes seraient « médicalisés dès la première visite » en Belgique. Si des bloqueurs de puberté sont parfois proposés, il s’agit d’un traitement réversible, prescrit uniquement après une évaluation approfondie, selon des protocoles médicaux validés internationalement. Leur rôle est de suspendre temporairement la puberté pour offrir du temps de réflexion, avec un suivi progressif et individualisé. Chaque jeune est accompagné selon ses besoins, loin des généralisations alarmistes véhiculées dans certaines tribunes.

La question de la détransition est elle aussi souvent instrumentalisée. Si certaines personnes interrompent leur parcours, cela reste rare. Et lorsqu’elles le font, c’est le plus souvent en raison de pressions sociales, familiales ou de discriminations, plutôt que d’une remise en cause de leur identité. La détransition révèle surtout les difficultés à vivre sereinement dans une société encore peu inclusive. Les études montrent d’ailleurs que les taux de regret sont extrêmement faibles3, tandis que les parcours de transition sont globalement associés à une amélioration du bien-être4.

Ces fausses affirmations ont des conséquences bien réelles. Près de 40% des personnes trans5 évitent certains comportements ou lieux par crainte d’agression. D’autres relatent une détérioration de leur santé mentale. Non pas du fait de leur transition – autre préjugé ressassé – mais du fait du stress des commentaires négatifs dans les médias (75,5%), du manque d’acceptation de la société (75,4%), et de la crainte d’une régression des droits (67,0%).

Une société plus inclusive : une exigence démocratique

Dans ce contexte, certains cherchent à renforcer leur position en désignant les personnes trans comme boucs émissaires. Mais une société démocratique ne se mesure pas à la manière dont elle traite la majorité, mais à la protection qu’elle offre aux minorités.

Les droits ne sont jamais définitivement acquis, et ceci vaut pour tous les groupes vulnérables de la société. À cet égard, les personnes trans sont un révélateur de l’état de notre démocratie, en particulier lorsque des discours présentés comme « raisonnables » contribuent à banaliser des formes de discrimination.

Il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’expression. Mais celle-ci n’est pas absolue : elle doit être conciliée avec d’autres droits fondamentaux, au premier rang desquels le droit à la dignité et à la non-discrimination.

À l’heure où la transphobie se banalise sous couvert de « bon sens biologique », il est urgent de rappeler que les droits existent précisément pour protéger la dignité humaine.

Le 31 mars n’est pas une date symbolique parmi d’autres. C’est un rappel : le respect n’est pas une option, mais une exigence démocratique. Et les droits des personnes trans sont, tout simplement, des droits humains.

Signataires

Prisme (Fédération wallonne LGBTQIA+) — Trans Solidarity Fund Belgium— Tels Quels — RainbowHouse Brussels (Fédération des associations LGBTQIA+) — Genres Pluriels —  Ex Aequo — Grands Carmes  (Centre communautaire LGBTQIA+) —  Maison Arc-en-Ciel de la Santé — Sophia  — Transkids Belgique — Centre de Planning Familial Willy Peers — Michel Pasteel, Institut pour l’égalité des femmes et des hommes  —  Dr Maxence Ouafik, Médecin — Dr Valérie Urbain, Médecin — Emmanuelle Zimmer, Assistante sociale — Noah Gottlob, Psychologue clinicien et coordinateur, Epicentre - Espace de Santé Inclusive  — Alexander Dhoest, Professeur en sciences de la communication (UAntwerpen) et co-président d’A* (Réseau d’études sur le genre et la sexualité d’Anvers) — Annalisa Casini, Professeure de psychologie (UCLouvain) — Mona Claro, Chargée de cours en sociologie (ULiège) et présidente du comité de gestion du master de spécialisation en études de genre (FWB) — Petra Meier, Professeure en sciences politiques (UAntwerpen) — David Paternotte, Professeur de sociologie (ULB) et co-dirigeant de la Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre et de l’Institut de sociologie — Vincent Yzerbyt, Professeur de psychologie sociale (UCLouvain) et membre de l’Institut de recherche en sciences psychologiques — Prof. Dr Bruno Krug, Chef de Clinique CHU UCL Namur et Professeur Clinique (UCLouvain) — Charlotte Pezeril, Chercheuse, Observatoire du sida et des sexualités — Ethan Mercier, Président,  Face à Toi Même —  Simon Englebert, Directeur, Centre S.

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Consulte notre dossier thématique "Pour des politiques plus justes et égalitaires pour les personnes trans*"

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Sources

(1) Être une personne transgenre ou non binaire en Belgique : troisième étude nationale sur les conditions de vie et les expériences de discrimination, IEFH, 2025, Bruxelles. Être une personne transgenre ou non binaire en Belgique | Institut pour l'égalité des femmes et des…

(2) E.a. Vandendriessche & Cohen, 2025 https://rdcu.be/e8EOW.

(3) Johansson et al., 2010.

(4) Davis & Meier, 2014.

(5) Être une personne transgenre ou non binaire en Belgique : troisième étude nationale sur les conditions de vie et les expériences de discrimination, IEFH, 2025, Bruxelles. Être une personne transgenre ou non binaire en Belgique | Institut pour l'égalité des femmes et des…

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