
Le 17 décembre a eu lieu la journée internationale de lutte contre la violence faites aux travailleur·euses du s€xe (TDS).
Les violences systémiques subies par les TDS restent aujourd’hui un enjeu majeur qui exigent des politiques publiques qui appliquent et garantissent les droits humains. Les analyses publiées ces dernières années par Amnesty International, ONUSIDA ou Médecins du Monde montrent que la criminalisation partielle ou totale du travail du sexe accroît l’insécurité, favorise les violences policières et réduit l’accès à la santé, particulièrement pour les personnes sexisées migrantes ou précaires. Les débats législatifs évoluent rapidement : la Belgique et la Nouvelle-Zélande, poursuivent des modèles de décriminalisation tandis que d’autres pays européens réaffirment des approches prohibitionnistes/abolitionnistes .
Les crises économiques et sociales actuelles ont pour conséquence l’augmentation des risques d’exploitation (sexuelles et/ou du travail), la montée des violences en ligne, et le renforcement des vulnérabilités pour les travailleur·euses ayant un statut d'indépendant·es. Parallèlement, des communautés s’organisent davantage : coopératives, plateformes d’entraide, actions numériques contre le cyberharcèlement, mobilisations pour l’accès aux soins et à la justice.
En Belgique, depuis le 3 mai 2024, les TDS peuvent légalement exercer leur activité et conclure un contrat de travail avec un·e employeur·euse. La prostitution est donc reconnue comme un métier. Les TDS sont désormais protégé·e·s par le droit du travail et ont également accès à l’ensemble des droits couverts par la sécurité sociale.
Bien qu'il n'y ait pas de chiffre précis, les recherches suggèrent que de nombreuses personnes LGBTQIA+ ont recours au travail du s€xe, non seulement en raison de la stigmatisation, de la discrimination et des obstacles structurels, notamment dans la santé et à l'emploi, poussant les individus vers des situations de vulnérabilité mais aussi parce que beaucoup choisissent cette activité.
Dans ce contexte, nous souhaitons mettre en avant cette analyse de Soralia, qui passe en revue les grandes lignes de l’histoire de la prostitution en Belgique avant de faire le point sur les spécificités de la Loi. Elle revient aussi sur le contexte et les valeurs qui ont amené le changement de positionnement de ce mouvement féministe d’éducation permanente. Enfin, l’analyse présente des revendications et points d’attentions essentiels quant aux droits et protections des TDS, mais aussi, à l’égard de l’exploitation et de la traite des êtres humains en tant que véritables fléaux à combattre.
Nous voudrions pour finir citer une des conclusions de cette analyse, à laquelle Prisme ne peut qu’adhérer :
« Si beaucoup de personnes sont victimes de l’exploitation sexuelle, on ne peut nier, critiquer, discréditer ou rejeter celles et ceux qui exercent aussi la prostitution en âme et conscience. Tou·te·s les prostitué·e·s ne sont pas des victimes, mais tou·te·s sont des personnes à respecter et dont les droits sont à protéger. »
Wivynne Gaziaux, « Protéger plutôt que stigmatiser : un statut digne pour les travailleuses·eurs du sexe » , analyse Soralia 2025,
👉 URL : https://www.soralia.be/wp-content/uploads/2025/12/Analyse2025-prostitution.pdf