Portrait : Herculine Barbin

Le 8 novembre, nous célébrons la Journée Internationale de la solidarité et du souvenir inter*. A cette occasion, la Fédération Prisme présente cinq portraits. Ces portraits vous présentent cinq figures emblématiques du mouvement inter*.

Deuxième portrait de cette série : Herculine Barbin

Herculine Abel Barbin (8 novembre 1838 - 13 mars 1868) était une personne inter* française, née sous le nom d'Adélaïde Herculine Barbin. L'histoire d'Herculine Barbin est à la fois fascinante et tragique, car elle révèle les défis auxquels les personnes inter* ont été confrontées au XIXe siècle en France.  

Herculine Barbin est née à Saint-Jean-d'Angély en 1838, et surnommé Alexina par sa famille. Bien que sa famille fût modeste, elle a eu l'opportunité d'étudier dans une école dirigée par les Ursulines grâce à une bourse. C'est là qu’elle est tombée amoureuse d'une camarade de classe issue d'une famille aristocratique. Cependant, se considérant comme peu attrayante, elle a pris des risques en se rendant la nuit dans la chambre de son amie, ce qui lui a valu des punitions.

Barbin a ensuite entrepris des études pour devenir institutrice mais à la puberté, elle n'a pas eu de règles, son torse est resté plat. Malgré une « apparence extérieure féminine », elle avait des organes génitaux typiquement considérés comme “mâle”.  

En 1857, elle a obtenu un poste d'adjointe dans une école pour filles et est tombée amoureuse d'une des élèves, "Sara". Leur relation est devenue amoureuse, mais cette liaison a fini par être découverte, et des rumeurs ont commencé à circuler.  

Après avoir révélé son intersexuation au Dr. Jean-François Landriot, évêque de La Rochelle et Saintes, Barbin a été examinée par le Dr. Chesnet en 1860, qui a confirmé son intersexuation. Elle a alors quitté sa famille et est devenue officiellement Abel Barbin à l'âge de 21 ans, un homme, suite à une décision juridique.  

La transition d'Adélaïde à Abel a été marquée par la solitude et l'incompréhension. Barbin s'est installée à Paris, où elle a vécu dans la pauvreté. Elle a écrit ses mémoires, peut-être comme une forme de thérapie, dans lesquels elle a exprimé que cette identité masculine forcée était vécue comme une castration, à la fois sexuelle et sociale.

En mars 1868, Herculine Barbin a mis fin à ses jours. Ses mémoires, intitulées "Mes Souvenirs," ont été retrouvés à côté de son lit. Elle a été inhumée au cimetière de Montparnasse.

Ces mémoires sont un témoignage extraordinaire de la vie d'une personne inter* au XIXe siècle en France. À une époque où les notions de genre et d'identité étaient strictement binaires, Herculine Abel Barbin a dû lutter contre l'incompréhension et l'isolement. Son histoire montre les défis auxquels les personnes inter* étaient confrontées et souligne l'importance de la sensibilisation et de l'acceptation des identités inter*.

Aujourd'hui, Herculine Barbin est devenue une figure importante pour les mouvements inter*. Sa mémoire est honorée lors de la Journée Internationale de la visibilité inter* le 8 novembre, qui coïncide avec son anniversaire. Cette journée rappelle les défis auxquels les personnes inter* ont été confrontées et vise à sensibiliser le public à leurs besoins et à leurs droits. Bien que les connaissances sur Herculine Barbin soient limitées, son histoire continue d'inspirer des générations de personnes inter* et de défenseurs des droits humains.

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